Dimanche, 29 octobre 2006De nouvelles photos !Chers amis,
Enfin, les dernières photos arrivées sont en ligne --> Par ici ! Tout d'abord, celles de fin septembre à la mi-octobre entre Venise et La Ciotat (239 photos) en ligne depuis un certain temps mais dont certains problèmes techniques avaient empêché toute visualisation. La chose est maintenant reglée. Enfin, les photos du retour à La Ciotat sont présentes (33 vues). (PS : Si vous avez pris des photos le jour du retour d'Alain REMY, nous serions heureux de les faire figurer sur le site ! Contactez-nous). Mercredi, 18 octobre 2006A Gênes, galère et fraternité...Chers amis, Si les gens ont souvent été étonnés par le récit de mon voyage, le premier octobre, ce fut à mon tour d'être vivement impressionné par un personnage hors du commun. À la sortie d'un camping proche de Venise, je roulais tranquillement, lorsque je vis un piéton m'interpeller. Il s’agissait de Samuel, un Espagnol qui allait en pèlerinage à pieds, d’Espagne au Népal, en passant par la Turquie et l’Iran. Handicapé d’un bras, il portait un lourd sac à dos et un sachet en plastique de sa main valide. Il ne paraissait pas très costaud physiquement (encore qu’il ne faille pas se fier aux apparences), mais il devait être bougrement fort dans sa tête. Alors que je lui demandais s’il faisait parfois de l’auto-stop, il me répondit : « Jamais, c’est à la fois un voyage sportif et spirituel ! »… Chapeau, Samuel ! Un soir, je mange dans un restaurant. Le restaurateur me demande d’où je viens. Vivement impressionné par mon récit, il appelle sa femme, le chef cuisinier, et la serveuse, puis les entraîne dehors pour voir le vélo. Après quoi, il me dit : « Vous avez besoin de provisions per domani ». Il me prépare du pain, du fromage, des gâteaux, des tomates et deux bouteilles d’eau minérale. Quelques jours plus tard, je passe à douze kilomètres de la maison d’une famille espérantiste qui m’avait hébergé l’an dernier. La mort dans l’âme, je décide de ne pas m’arrêter chez eux, car arrivant en début d’après-midi, je n’en serais reparti que le lendemain matin ; en cas de problème mécanique, je n’aurais pu arriver le quatorze octobre, comme prévu, à La Ciotat. La suite devait, hélas, me donner raison… Le six octobre au soir, je dîne dans un restaurant où le patron m’avait donné à l’aller une bouteille de vin « pour les chinois ». Durant le repas, il m’apporte des gâteaux typiques de la région et un bocal de champignons : « à l’aller, vous avez eu du vin, au retour vous aurez des gâteaux et des champignons ! »… Il me signale qu’à Gênes – où je dois arriver dans la soirée – se tient le salon international nautique : « ce sera embouteillé, mais avec le vélo, pas de problème ! ». Après une montée difficile, j’aborde une descente en pente raide de trente kilomètres. C’est alors que mes freins hydrauliques vont d’abord chauffer, les coupelles de caoutchouc griller, le liquide se volatiliser peu à peu. À quelques kilomètres de Gênes : plus de freins ! Je freine alors comme je peux avec les pieds : c’est la panique, mais j’arrive tout de même à Gênes sans incident. Tous les hôtels sont complets à cause du salon nautique. À deux heures du matin, je trouve enfin une chambre libre à cinquante euros : trop cher pour moi ! À trois heures, je trouve un autre hôtel ayant de la place. Il est luxueux, mais je demande néanmoins le prix de la chambre. Le réceptionniste m’annonce deux cent quarante euros. Mon italien n’étant pas parfait, je crains n’avoir pas bien compris et lui demande de me l’écrire : c’est bien 240 € ! Je déguerpis sans demander mon reste ! Une demi-heure plus tard, toujours à la quête d’un endroit où passer ma nuit, je repère une place remplie de camping-cars. Entre ceux-ci et une palissade, une pelouse d’environ 2,50 mètres de large avec quelques arbres. Ma tente mesurant trois mètres sur deux, je m’installe donc derrière un camping-car. A mon réveil, à sept heures, j’ai la désagréable surprise de constater qu’il pleut. Je range ma tente sous la pluie et pars à la recherche d’un marchand de vélos. Le premier n’a que des vélos de route mais m’indique schéma à l’appui, l’adresse d’un de ses confrères qui vend des VTT avec freins à disques hydrauliques. La route pour y arriver est très pentue, et c’est péniblement après quelques kilomètres que j’atteins enfin le magasin tant désiré. Pas de chance : le rideau de fer est baissé avec l’écriteau « Chiuso per malatia » (Fermé pour maladie). Il fallut alors redescendre en retenant avec peine l’ensemble de 160 kilos dans une descente assez prononcée. Arrivé presque en bas, je repère un marchand de motos. Je pense qu’il pourra peut-être régler le problème des freins hydrauliques. Son magasin est fermé, mais le rideau métallique n’est pas baissé. Il est 14h15, je vais demander au café voisin à quelle heure revient le mécanicien. La patronne, très sympathique, me dit : « Vers 14h30 ». Je prends un café et un gâteau en attendant. 14h30, 15h00, 15h30 : toujours personne. La patronne écrit sur un papier « Mario, dès que tu arrives, passe au café. Urgent » et va le coller sur la porte vitrée du magasin. Il est 17h00, nous sommes samedi et toujours personne dans le magasin de motos… Je décide alors d’aller voir ailleurs. J’arrive devant un magasin Décathlon où j’ai la chance de trouver un mécanicien vélo passionné. Il démonte les plaquettes complètement usées et, n’en ayant pas en magasin, me propose d’aller en acheter chez un vélociste à 500 mètres de là. Lorsque j’arrive, nouvelle déception : il est fermé le samedi. Retournant à Décathlon, je demande s’il est possible qu’on m’installe d’autres freins que ceux d’origine. Sur la réponse positive du méccano, je demande le prix et si je peux payer avec ma carte de crédit, n’ayant pas suffisamment d’argent liquide sur moi. Bonne nouvelle : c’est possible. Nous entrons le vélo et la remorque dans le magasin, suscitant la curiosité générale. A 19h55, à cinq minutes de la fermeture du magasin, le vélo se retrouve enfin avec des freins neufs. J’arrive alors à la caisse avec ma facture (140 euros) et tend ma carte bancaire à la caissière : « La machine refuse votre carte ». « Essayez encore ! ». Le deuxième essai est tout aussi infructueux… Un employé arrivé à la rescousse réussit enfin à déclencher l’impression du ticket salvateur. Je demande alors au mécano l’adresse d’un hôtel bon marché. Je roule en direction de celui-ci lorsqu’il me rattrape. Comme je lui fais remarquer qu’il roule sur un vélo Giant et pas Décathlon, il me répond : « Je possède sept vélos, tous des Giant, trois de route, trois tout-terrain et un de cross ». Voilà un passionné de vélo ou je ne m’y connais pas ! Hélas, l’hôtel est complet. Il est pratiquement 21h00 et je m’arrête dans le premier restaurant rencontré. Je m’aperçois que sur la carte ne figurent que des plats à base de poisson. Je songe à me lever lorsque la patronne me demande ce que je veux. Je lui dis alors que je suis végétarien. Elle me répond : « Je vous propose des pâtes à la sauce tomate ». Affaire faite ! Un consommateur à une table voisine me dit : « Vous êtes français ! Je l’ai reconnu à votre accent. Je suis français moi aussi. » Il s’agissait de Bruno, un marchand de bateaux, également responsable d’une association humanitaire. Il s’occupait en ce moment du cas d’un couple mixte (homme français, femme moldave) ayant un enfant et désirant se marier. L’ambassade de Moldavie se faisant tirer l’oreille pour fournir à la femme un certificat de mœurs indiquant qu’elle n’est pas déjà mariée dans son pays, il comptait s’adresser en haut lieu pour faire pression et obtenir satisfaction. Il avait bon espoir. Vraiment, un type bien ! À la fin du repas, nous allons tous deux voir le patron pour essayer d’obtenir l’adresse d’un hôtel accessible financièrement. L’homme ouvre alors le bottin, mais les seuls hôtels qu’il trouve sont trop loin. Il me propose alors de dormir sur mon matelas pneumatique sous l’auvent de son restaurant, devant sa voiture, le local étant fermé à clef la nuit. Je fais ma toilette à l’eau chaude dans l’un des bacs à vaisselle du restaurant, la plongeuse nettoyant les plats dans l’autre. Il met à ma disposition une prise de courant me permettant de recharger la batterie de mon gonfleur. Comme prévu, un garde vient faire sa ronde durant la nuit. À 07h30, arrive le restaurateur Andrea qui me prépare un café. Après quoi il va porter des poissons à sa mère, comme chaque dimanche matin, me laissant le soin de fermer le cadenas en partant : « Si tu reviens à Gênes, tu passes ici ! » (en français dans le texte). Quelques jours plus tard, je déjeune dans un restaurant chinois, le « Nonsoloriso », de Wang Hai Lou. Le patron, ayant repéré la remorque, sort pour en lire les inscriptions en chinois, bientôt suivi de sa fille et de son fils. De retour au restaurant, il m’écrit un mot d’encouragement en chinois sur un papier et le colle sur la remorque. Il me fait un prix pour le repas et je repars avec une bouteille d’un litre et demi d’eau minérale offerte. A Imperia, je rencontre deux cyclistes croates qui allaient en Espagne. Ils sont impressionnés par mon voyage. Lorsque nous nous séparons, ils pensent dormir sur la plage. Quelques jours plus tard, je les retrouve devant un supermarché, en compagnie d’un jeune Polonais et d’un Américain de soixante ans, également cyclotouristes. Après une séance de photos, je prends congé. Je retrouverai le Polonais le 14 octobre, à Saint-Cyr-sur-Mer, une demi-heure avant l’arrivée, en compagnie d’un cycliste autrichien. Ils m’accompagneront jusqu’à l’arrivée, à La Ciotat, avant de prendre le chemin de l’Espagne. Mon arrivée est saluée par une pancarte « Bravo frangin » brandie par mes sœurs et par de nombreux amis venus m’accueillir. Elle se termine par le pot de l’amitié offert par le Comité de Jumelage, à la Maison du Jumelage, grâce à madame Mireille Benedetti, adjointe au Maire. Amicalement et à bientôt ! Alain ________________________________________________ © 2006 "Carnets de route - Alain REMY" Tous droits réservés. Samedi, 14 octobre 2006La boucle est bouclée...Chers amis, Ca y est ! Alain est revenu aujourd'hui samedi 14 octobre 2006, Esplanade Langlois, à La Ciotat, d'où il était parti (mais dans l'autre sens) un certain 5 mars de l'année 2005... Un peu avant ce moment s'étaient rassemblés sur l'esplanade famille, collègues, amis et autre anonymes venus célébrer à sa juste valeur un exploit dont nul ne peut encore imaginer la dimension. Alain semblait en forme. Que dis-je : radieux ! Il fallait voir la remorque : elle était couverte de messages, de couches de messages ! Et le vélo... Un vrai tableau de bord était fixé au guidon ! Fort justement, comme le disait quelqu'un : "Ah ! Si ce vélo pouvait parler !"... Alain REMY est parti ce matin de Toulon. Notre héros arriva sous les applaudissement nourris de ses nombreux admirateurs, aux alentours de 14h30. Suivit un long moment de retrouvailles émouvantes et le début d'un récit que l'on imagine intarissable mais qui dut s'interrompre pour regagner la Maison du Jumelage, derrière la piscine. La journée se termina autour d'un verre de l'amitié offert par la Maison du Jumelage et ses responsables, que nous remercions encore chaleureusement. Heureux moment durant lequel Alain poursuivit ses anecdotes qui captivaient les auditeurs dont certains avaient encore du mal à croire que cette aventure commencée il y a plus de dix-neuf mois venait de prendre fin. La boucle est bouclée... Mais nul doute que notre ami saura nous enrichir de ses aventures hors du commun, tant du point de vue sportif qu'humain. Nous vous tiendrons au courant des prochaines manifestations qui vous permettront de retrouver Alain REMY. Ce blog n'est pas terminé, car l'aventure d'Alain se poursuit. Il a tant de choses à nous raconter... L'amitié entre les peuples, la fraternité entre les Hommes sont des sujets inépuisables autant que passionnants. Terminons avec ce magnifique passage d'Antoine de St Exupéry puisé dans "Citadelles" et qui résume si bien l'épopée d'Alain : "Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis". Chapeau, l'artiste ! Vendredi, 13 octobre 2006Samedi 14 octobre - 14 heures...Chers amis ! Soyons nombreux pour fêter l'arrivée d'Alain REMY Samedi 14 octobre 2006 à La Ciotat Esplanade Langlois (à partir de 14h00) Un verre de l'amitié sera ensuite proposé à 15h00 par la Maison du Jumelage (que l'on remercie au passage ainsi que toutes les personnes - parmi lesquelles Mme Mireille BENEDETTI - qui ont su réagir si rapidement et si efficacement) ! Pour information, la Maison du Jumelage se trouve derrière la piscine de La Ciotat, à hauteur du rond-point proche du magasin Carrefour (poursuivez jusqu'au fond du parking de la piscine, la Maison du Jumelage se trouve sur la droite). ![]() A trrrrrrrrès bientôt ! StatistiquesMercredi, 11 octobre 2006Retour à La CiotatChers amis, Je suis sur la Promenade des Anglais à Nice. Je suis arrivé en France hier 10 octobre. Je serai Esplanade Langlois le 14 octobre à 14 h 00, comme prévu. J'essaierai de trouver un cybercafé demain pour vous raconter le voyage de Venise à Nice, avec la rencontre d'un type extraordinaire et une grosse galère dans la descente nocturne sur Gênes, une pente raide de 30 km dans laquelle mes freins hydrauliques m'ont lâché. Ils ont chauffé et le liquide s'est vaporisé ! Freiner avec les pieds, ce n'est vraiment pas ... le pied !!! J'ai pu heureusement les faire changer à Gênes et je vous dirai la suite qui justifiera le titre de ma lettre " A Gênes, galère et fraternité ... " A bientôt. Amicalement. Alain __________________________________________________ © 2006 "Carnets de route - Alain REMY" Tous droits réservés. Samedi, 7 octobre 2006De nouvelles photos sont en ligne !Bonjour,
Vous trouverez en ligne les dernières photos prises au Kazakhstan, en Russie et en Ukraine (juin à août 2006). Vers l'album photos __________________________________________________ © 2006 "Carnets de route - Alain REMY" Tous droits réservés. Samedi, 30 septembre 2006L'oubli, AnnaChers amis, À la frontière hongroise, le douanier est abasourdi quand je lui dis d’où je viens. Il ouvre mon passeport, machinalement, et me le rend sans même y jeter un coup d'oeil. La frontière slovène est toute proche : à peine 20 m. Perdu dans mes pensées, je m'aperçois que je suis en train de la franchir lorsque je passe devant le bureau de la police. Le douanier, interloqué, ouvre des yeux tout ronds ! Comme il ne me dit rien, je continue. C'est sans doute un de mes passages de frontière le plus rapide. Au camping de Lendava, un Allemand me questionne sur mon voyage. Quand je lui parle de la Chine et du Vietnam, il me fait : « Mais c'est en Asie ! » Il m'apporte du fromage, un citron, du jambon et du pâté. Je le remercie pour le fromage et le citron et lui rend le reste, précisant que je suis végétarien. Il revient un moment après avec un autre fromage « mit Chili und Paprika ». Au bout de quelques jours, j'arrive à Ljubljana (l'oubli, Anna) dans un camping où je plante ma tente à côté de l' « Adrealinki Park ». Le lendemain matin, j'y vois des jeunes gens traverser un pont de singe à 10 m de haut ou se balancer au bout d'une corde. J'y rencontre 2 couples de Belges très sympathiques : ça me fait plaisir de reparler français ( je n'avais plus parle français depuis le 13 juin à Almaty). Nous discutons jusqu’à midi. J'en profite pour leur donner l'adresse du site. J'arrive le soir à Logatec. Je ne vois pas de réception à l'entrée du camping, mais, de loin dans le noir, 2 personnes qui agitent une toile ; je pense qu'ils montent leur tente. J'entre dans le café et je demande un responsable du camping. Se présente alors un barbu de 33 ans (non, pas lui, un autre ...) : c'est Primosh. Coup de chance : il a beaucoup voyagé, en particulier en Chine et au Vietnam. Le camping est fermé car la saison est terminée. Mais je pourrai quand même planter ma tente... gratuitement. Je sympathise avec les 2 autres campeurs : des Allemands Margherita et Matthias. Nous parlons anglais car Margherita est... prof d'anglais. Ma tente montée, nous allons dîner ensemble au resto du village. Nous prendrons également le petit-déjeuner ensemble, mettant en commun nos provisions. Je leur donne l'adresse du site et nous échangeons nos adresses. J'arrive en Italie le 27 septembre, ayant traversé la Slovenie (20 000 km2 et 2 millions d'habitants ) en 5 jours. Dans un bankomat, je retire mes premiers euros depuis 1 an et demi. Je me fais un devoir d'acheter 2 glaces pour comparer avec les glaces hongroises et slovènes. Mon verdict : 1- les glaces hongroises, 2- les italiennes, 3- les slovènes pas loin derrière. Le voyage en " Polyglottie " continue. Ici, je parle italien. En Hongrie, certains parlaient allemand, à des degrés divers. En Slovénie, c'était tantôt l'allemand, tantôt l'anglais, là aussi à des niveaux très variés. Ici, c'est plus facile : tout le monde parle et comprend parfaitement l'italien. On me comprend, et si on ne me comprend pas, je parle avec les mains ou avec un dessin (« Un dessin vaut mieux que 10 000 mots »", dit un proverbe chinois.) Hier soir, alors que je quittais le resto, le patron me demande d’où je viens. Après que je lui ai parlé de mon voyage, il appelle sa femme, son chef de cuisine et sa serveuse et tous sortent regarder le vélo. Il me prépare ensuite des provisions « per domani » : du pain, du fromage, de la tomate, des gâteaux et 2 bouteilles d'eau. Je suis au camping « Alba d'Oro » (à 12 Km de Venise) à 1h du matin. Des navettes partant du camping, me voilà à Venise que je vais visiter dans la journée. Il a dû pleuvoir cette nuit, car c'est tout inondé : il y a même des bateaux dans les rues. Des bateaux à moteur et d'autres avec une rame à l'arrière qu'ils appellent « gondoles ». Mais ces gondoles doivent avoir un défaut car elles penchent toutes d'un côté. Il y a quand même des rues où l'on peut marcher à sec, et même des ponts. A bientot. Amicalement. Alain P.S. : Hier, je déjeune sur le parking d'un supermarché. Discussion avec un Italien et sa femme. Il est subjugué, me dit que je suis numéro 1 et m'écrit un mot d'admiration sur la remorque. ![]() Passage en Slovénie ![]() Passage en Italie le 27 septembre... Alain arrive ! _________________________________________________ © 2006 "Carnets de route - Alain REMY" Tous droits réservés. Mardi, 19 septembre 2006Dernières nouvelles de HongrieChers amis, Je venais de finir de ranger mes affaires lorsque le Directeur de l'usine fait son apparition. Il me demande si j'ai bien dormi. Je lui réponds que oui et le remercie. Je pars ensuite en quête d'une banque pour changer l'argent ukrainien qu'il me reste. Je suis renvoyé d'une banque à l'autre, les employés me disant qu'ils ne changent que les dollars et les euros. Finalement, je retourne dans le resto où j'avais mangé la veille. Mëme réponse, mais, coup de chance, un Ukrainien est assis à la table voisine. Nous discutons en russe. Il me dit que le grivna n'étant pas une monnaie internationale, on ne peut changer qu'à la frontière... où il n'y avait pas de bureau de change ! Il me demande combien j'ai ; je sors alors mes 350 grivnas. Avec son téléphone, il fait le calcul : environ 15 000 forints (60 euros). Affaire faite : nous échangeons. Je suis débarrassé d'une monnaie inutile. Je joue les polyglottes : pendant 3 mois et demi, du 25 mai au 11 septembre, au Kazakhstan, en Russie, en Ukraine, j'ai parlé russe. Ici, en Hongrie, je dois parler allemand, la seule langue qu'ils connaissent en dehors du hongrois. Parfois, par habitude, je réponds en russe, puis, m'apercevant de ma méprise, continue en allemand. Ici , l'anglais : "niet", le russe : "no". J'ai egalement retrouvé les terrains de camping, inexistants de l'Ukraine au Vietnam. Hier soir, de nuit, il se met à pleuvoir. Une pluie d'une rare violence, comme j'en ai rarement vu de ma vie de voyageur. J'enfile vite la cape par dessus le blouson. La route est transformée en ruisseau. Le vent de travers fait que je suis completement trempé du côté gauche. Rapidement je suis mouillé de la taille aux pieds. A Enying, je m'arrête pour manger un paquet de chips et boire un café : mon dîner ! Car je ne vois aucun café ou restaurant... Lorsque je sors de la ville, la pluie a diminué sans s'arrêter pour autant. J'arrive à Siofok, près du lac Balaton à 23 h 45. Suivant les pancartes, j'atteins un camping : le "Balatontourist". Une pancarte indique en anglais : " Notre camping est fermé, voici la liste des autres campings ouverts : ... " Certains ne sont même pas sur ma route, d'autres sont trop loin. Je décide de dormir dans cette ville, coûte que coûte ! Je pars à la recherche d'une "panzio" où d'un hôtel. Je finis par trouver un camping. La grille est fermée avec un cadenas, mais pas le portillon. La remorque passe, en tordant un peu le sac dessus. Personne. Je plante la tente. La pluie, qui venait de cesser, reprend de plus belle. Le couvercle de la remorque n'étant plus étanche, tout le bas de mon sac de couchage est mouillé. Je l'enfile dans un sac-poubelle de 110 litres pour ne pas mouiller le matelas pneumatique et j'y glisse un autre sac pour ne pas me mouiller. Le lendemain matin, le matelas est tout de même trempé, ... et moi aussi ! Je prends mon petit-déjeuner au resto du camping et paie ma nuit. J'entreprends alors de sécher mon sac de couchage au sèche-cheveux, opération qui me prendra 1 h 1/2 !!! Pour le matelas, c'est plus rapide : 1/2 h. Quant au "sac à viande" en soie et aux chaussettes : quelques minutes. La tente étant complètement mouillée, je décide de ne pas démonter sous la pluie qui n'arrête pas et de rester un jour de plus, ce qui me permettra de sécher le reste et de trouver un cybercafé pour vous envoyer ce message ! Dans 2 ou 3 jours, je devrais être en Slovénie et arriver à La Ciotat, Esplanade Langlois aux environs du samedi 14 octobre a 14 h 00. Amicalement. Alain ___________________________________________________ © 2006 "Carnets de route - Alain REMY" Tous droits réservés. Dimanche, 17 septembre 2006Mise à jour de la galerie photosChers amis,
La galerie photos s'enrichit mais surtout... Cette galerie est passée de la version 1.3 à 1.6 (regardez la différence)... http://alain.remy.voyageur.free.fr/phpwebgallery/ Amitiés ! ___________________________________________________ © 2006 "Carnets de route - Alain REMY" Tous droits réservés. Vendredi, 15 septembre 2006Journalistes, dentiste, et gel dans les CarpatesChers amis, Le 6 septembre, je suis à Ternopil (Ukraine) à la recherche d'un dentiste car j'ai une dent cariée qui me fait mal. Je veux régler le problème ici, dans cette ville de 250 000 habitants, car je ne trouverai que des villages jusqu’à la frontière hongroise. Je roule tranquillement lorsque je suis abordé par un jeune homme à vélo. Il est journaliste et veut faire un article sur moi. Comme il ne parle pas anglais, il passe un coup de fil à une de ses amies, journaliste, qui parle très bien anglais. Il me tend le téléphone et nous nous donnons rendez-vous, avec la journaliste, au centre ville. C'est attablés devant un thé en face du théâtre que nous voyons arriver la demoiselle. Je leur raconte mon voyage et leur montre la photo de Mindy et moi à Urumqi. Alexis, le journaliste, la photographie et me dit qu'elle paraîtra dans le journal. Après l'interview, séance de photos devant le théâtre et quête d'un dentiste. Le 1er a trop de clients et ne peut me prendre. Le 2e : idem. Le 3e sera le bon ou plutôt la bonne. Après une séance pas spécialement agréable et 100 grivnas en moins (16 euros), le problème est réglé. Le 9 au soir, je roule dans les Carpates. Je ne pensais pas que ça montait aussi haut. Et pour monter, ça monte... Il fait la nuit un froid de canard. Le seul hôtel rencontré étant fermé, je frappe à la porte d'une ferme dans un village. Complètement saoul, le paysan me fait néanmoins rentrer. La conversation est difficile, autant par le manque de vocabulaire commun que par l'esprit embrumé par la vodka de mon hôte. Dans la pièce, 2 lits, séparés par une longue table et un banc. À ma gauche, un poele à bois à plusieurs étages et compartiments. À ma droite un buffet. Dans l'autre pièce, à gauche, un canapé. C'est d'abord là que je pense dormir, mais Vassili, qui a du mal à tenir son équilibre, se ravise et me propose l'un des 2 lits de la grande pièce. Tout est éteint, je commence à dormir, Vassili cuve. Tout à coup, la lumière s'allume et une vieille femme apparaît. Je garde les yeux mi-clos. Eva (c'est son nom) va se coucher dans la pièce du canapé. Le lendemain matin, en allant aux toilettes, dans la cabane au fond du jardin, je m'aperçois que le sac noir de la remorque est devenu blanc, ainsi que l'herbe des prés : il a dû geler cette nuit. Les WC ne sont pas à la turque mais avec une planche percée d'un trou. Elle est gelée, je ne m'attarde pas sur le trône. Petit-déjeuner avec du thé et des raviolis au fromage qu'Eva confectionne devant moi. Discussion : je redis à Vacha (Vassili) ce que je lui avais dit la veille : il avait tout oublié... Photos. Je pars dans le froid après avoir remercié mes hôtes. Je pédale aussi vite que je peux car je veux traverser les Carpates avant la nuit. Après 100 Km de route pénible où les montées à 3,5 Km/h succèdent aux descentes à 50 Km/h, j'arrive à Moukatchevo. Hôtel confortable et sympa. Le lendemain, 11 septembre, vers 15 h, ayant une petite faim, je mange une pizza dans une pizzeria à Beregovo. Les patrons ne me font pas payer (Pizzeria « SIESTA », pub gratuite). Je suis à la frontière à 16 h. Lorsque je lui décris mon itinéraire, le douanier ukrainien me dit que ce n'est pas possible et me demande mon passeport. Devant les nombreux visas, il doit se rendre à l'évidence. Je lui montre le compteur du vélo : 33 427 Km. Il s'empresse de le dire à un automobiliste venant en face. Je passe la frontière comme une lettre à la boîte, sans même ouvrir la remorque. Les douaniers hongrois sont tout aussi étonnés et j'arrive en Hongrie à 15h30, une heure de décalage oblige ! À Kasarosnameiny, à la sortie du resto, je rencontre un homme qui me propose de planter la tente... dans la cour de son usine de vêtements à 50 m de là ! Le lendemain, vers 7 h, je prends le petit-déjeuner à la cantine : 3 énormes croissants fourrés à la crème et 3 gobelets de chocolat chaud : sympa ... Des employées me prennent en photo devant la tente, je leur rends la pareille. _____________________________________________ © 2006 "Carnets de route - Alain REMY" Tous droits réservés. Samedi, 2 septembre 2006Pluie et montagnes russesChers amis, 40 km avant d'arriver à Uman, je traverse un village. Il est 23 h 30 et il fait froid, car ici en Ukraine en cette saison les nuits sont froides. Je passe devant un magasin fermé mais dont la lumière au-dessus de la porte est allumée. Un homme. Je m'arrête et lui demande s'il y a un hôtel dans les environs. Il me répond que non et m'invite chez lui. Il s'appelle Sacha et me présente à son père. Il me sert ensuite une assiette de borchtch, une salade de tomates, un verre de jus de raisin et un thé. J'avais déjà dîne à 20 h, et pour une fois les portions avaient été copieuses ! J'ai du mal à finir. Apres ça, une douche "à la paysanne", c'est-à-dire un tonneau avec de l'eau froide, un seau rempli d'eau que Sacha m'avait fait chauffer, une cuvette et une sorte de grande louche pour puiser l'eau et faire le mélange dans la cuvette. C'est rudimentaire mais fonctionnel et j'apprécie après une journée de transpiration ! Je repars le matin vers 8 h 00 , après le petit-déjeuner prépare par la mère de Sacha : une assiette de borchtch, une salade de tomates, du sarrasin, du pain et du thé. Arrivée à Uman sous la pluie. Je dors dans un relais routier. Dans l'après-midi, j'avais rencontré un parisien en voiture ( il rentrait de Tchetchénie et était sur le point de partir travailler en Corée du Nord) et profite d'une éclaircie pour crever de la roue arrière. Le voyage se poursuit ensuite normalement avec pluie et montagnes russes. Hier, vers 17 h 00, la pluie cesse, mais les camions qui me dépassent continuent de m'arroser copieusement : l'aventure, c'est l'aventure ! Le soir, à Vinnitsa, je vais dîner dans un restaurant près de mon hôtel. C'est la 1ère fois que je vois un resto de ce type : un véritable retour vers le passé. Il s'appelle " Oktiabrcki " (oktiabr signifie octobre en russe). A l'entrée, la couleur est annoncée : " CCCP " ( URSS ). Dans le couloir, des drapeaux des différentes républiques de l'URSS et une phrase de Lénine : " Qui ne travaille pas ne mange pas ! " Je suis accueilli par Lénine en personne, c'est-à-dire sa photo en pieds, grandeur nature collée sur un contreplaqué. Au bar, des photos de Lénine et de Staline. Chaque porte-manteau est surmonté de la faucille et du marteau. Sur les murs , des photos de Lénine, de Marx, d'Engels. Des tableaux représentant Lénine dans différentes situations, des photos de la Révolution, des livres et dictionnaires, un atlas de l'URSS, une statue de Lénine. Egalement des photos des dirigeants de l"URSS à différentes époques. Au bar, des bouteilles dans un meuble réfrigéré avec, au-dessus, l'inscription " Coca- Cola " ! Les serveurs portent un pantalon noir, une chemise blanche et un foulard rouge noue autour du cou. Le papier sous mon assiette represente un marin du croiseur " Aurora ". Nous sommes en Ukraine le 1er septembre 2006. Je prends des photos. Je souhaite à tous les enseignants et les élèves une bonne rentrée et une bonne année scolaire 2006-2007. Je pense que nous aurons l'occasion de nous revoir, mes chers collègues, si vous le souhaitez, car sur les 5 000 photos que j'aurai prises, quelques-unes devraient être intéressantes pour vos élèves et j'aurais un certain nombre de choses à leur raconter. Bon courage. Amicalement. Alain _______________________________________________ © 2006 "Carnets de route - Alain REMY" Tous droits réservés. Lundi, 28 août 2006EclatementsChers amis, Je roule de Zaporizzja en direction de Nikopol. J'en suis à une dizaine de km, la nuit est tombée. Je m'arrête pour dîner dans un petit village : c'est l'effervescence. On me prend en photo, je signe des autographes. Pendant que je mange, un homme m'invite chez lui. Je vais pour payer mon repas : c'est gratuit et la patronne me demande de mettre un mot sur le livre d'or du resto. Je vais ensuite avec Alexis (c'est mon hôte) garer le vélo dans une " CTOYANKA" (parking gardé) et nous allons chez lui. Comme il a téléphone, sa femme nous accueille avec une table bien garnie : ce n'est pas encore aujourd'hui que je mourrai de faim ! Après ça, un bain et au lit. Dans l'après-midi, le pneu droit éclate. Je le remplace par un neuf. Je dîne le soir dans un café en rase campagne : il est tenu par 2 femmes très sympathiques. Je demande ensuite où je peux trouver un hôtel. " - A 40 km ". "- Je suis fatigué et j'ai une tente, où pourrais-je camper ? " " - Ici ! " Et je plante la tente dans un endroit clos, derrière le café. Petit-déjeuner, le matin, à un prix défiant toute concurrence. Photo, départ. J'arrive à Krivi Rig dans l'après-midi. Nouvel éclatement à l'entrée de la ville. Je répare tant bien que mal ; il ne me reste plus de pneu de rechange ! J'arrête un cycliste, Valeri, pour lui demander la direction du centre ville. Il me dit de le suivre. Nous trouvons un hôtel : il est complet, mais la réceptionniste, qui parle anglais, téléphone et m'en trouve un... à 15 km de là. Nous nous y rendons, Valeri et moi. Il me dit que la ville est immense et mesure 100 km d'est en ouest. Heureusement, mon hôtel n'est qu'à 18 km de la sortie. Le lendemain matin, je vais au " bazar ", à 1 km de mon hôtel et j'achète 3 pneus et 3 chambres pour la remorque (27 grivnas). Je vais pouvoir partir serein ! A la nuit tombée, je m'aperçois que mon pneu est sur le point d'éclater ! Je plante ma tente dans le 1er village venu. Au matin, je monte un pneu neuf (le 1er des 3). J'arrive le soir a Kirovograd. Nuit dans une chambre d'hôtel surchauffée (sans climatiseur). J'en repars en fin de matinée après avoir donné mon e-mail et l'adresse du site internet à un jeune qui a fait l'Europe de l'Est à vélo : " J'aurais voulu aller jusqu'à Londres mais je n'avais pas assez d'argent et je devais reprendre le travail . " Je trouve en ville un cybercafé d'où je vous écris. Il est 12 h 45 ; je vais aller manger avant de reprendre la route d'Uman où je compte arriver dans deux ou trois jours. Et toujours ces montagnes russes, y compris en ville ! Amicalement. Alain _________________________________________________ © 2006 "Carnets de route - Alain REMY" Tous droits réservés. Mardi, 22 août 2006TV5Chers amis, En route pour Zaporrizzja (125 km au nord de Melitopol), je suis depassé par une vingtaine de camping-cars italiens. je leur fais signe ; certains conducteurs me repondent en passant le bras à la portière. Plus tard, en fin d'après-midi, une voiture s'arrête derrière moi et me klaxonne. Je me retourne ; le chauffeur me fais signe de m'arrêter. Il s'approche de moi et me dit qu'il est journaliste à TV5 (en ukrainien TB5). Il va chercher sa camera et revient avec 2 de ses consoeurs, dont l'une travaille pour un journal : ca me fera un article de presse en plus d'une interview télé. Il me filme et filme le vélo sous toutes les coutures, y compris le compteur qui marque 32 045 km ! Pas un des 3 ne parle anglais. Ils me posent des questions en russe, je réponds en russe (on me pose toujours les mêmes questions). Quand ca devient trop difficile pour moi, je réponds en anglais : ils doivent sûrement avoir dans leurs locaux quelqu'un capable de traduire ! A la fin, une des journalistes m'écrit un mot sur un papier qu'elle colle sur la remorque, avant une dernière photo de famille ! Impossible de trouver un hôtel. Chaque fois, on me dit qu'il y en a un à tant de km, mais ce ne sont que des cafés. A 2 h 00 du matin, je vois plusieurs cafés : aucun ne fait hôtel ! Juste en face... les camping-cars italiens ! Je décide de planter ma tente à côté d'eux. Le gardien est d'accord après que je lui aie expliqué que j'étais fatigué et que je ne voulais pas aller plus loin. Finalement, je me couche à 3 h 00. Le matin, je discute avec les Italiens qui me donnent de l'eau. Ils viennent de Yalta, en Crimée et rentrent en Italie en passant par la Pologne. Petit-déjeuner dans un café. Je ne suis qu'à 55 km de Zaporrizzja et pense y arriver avant la nuit. Grave erreur ! A 10 km de là, je vois un marché dans un petit village. Je m'arrête pour essayer de trouver des pneus pour la remorque car je ne veux pas rouler sous la menace d'un éclatement imminent et inéluctable vu l'état du pneu droit fendu (de plus en plus) sur le côté. pas de pneu mais on m'indique le magasin "Universmag". Là, au 1er étage, un marchand de vélo. Il a bien des pneus de 26 (je lui en achète un pour le vélo) mais pas de 20 ! Il a un vélo d'enfant avec des pneus de 20 ! Je regarde le prix : 240 grivnas. Je tente de lui expliquer que je lui achete le vélo, recupère les pneus et chambres à air et lui rend le reste. Il me repond " Niet " car il n'a pas compris. Je sors 240 grivnas et pars avec le vélo. Sur le trottoir, je démonte, monte un pneu et une chambre neufs à la remorque. Ca me fait un pneu et deux chambres de rechange. S'ils sont de bonne qualité, ils devraient arriver à La Ciotat (3 800 km) ! Je laisse le reste du vélo sur une pelouse (j'espère qu'il fera le bonheur de quelqu'un) et pars déjeuner dans un resto. Il fait tres chaud lorsque je reprends la route et j'ai des montagnes russes tout le long (descentes à 60 km/h et montées à 3 km/h) : vraiment très pénible ! J'arrive à Zaporrizzja à la nuit tombée et sors du resto à 22 h 00. J'étais loin d'être couché ! Ville immense, mal éclairée, rues défoncées. Je vois une pancarte : " Hotel Intourist : 10 km ". J'espère bien en trouver un avant : erreur la aussi. Des travaux : rue barrée, aucune indication. Je prends à gauche ; je me retrouve dans des petites rues pas éclairées et defoncées. Je demande mon chemin ; il est minuit passé et je ne suis pas prêt d'être couché. Je suis enfin devant la gare et je roule sur l'Avenue Lenine (Prospekt Lenina). Je crève à 1 h 00 du matin : c'est le pneu arrière du vélo. Je répare et repars : il est 2 h 08. J'arrive enfin devant l'hôtel Intourist à 3 h 00. Le temps de monter mes bagages, prendre une douche (pas superflue du tout !!! ), je me couche à 4 h 00... Petit-déjeuner compris dans le prix de la chambre (156 grivnas) : c'est un buffet très varié. Après 2 courtes nuits, je décide de rester la journée à Zaporrizzja : cette nuit au moins, je me coucherai tôt et pourrai récupérer ! L'hôtel possède un business center avec internet et un bankomat, mais le coiffeur est fermé aujourd'hui ; je vais essayer d'en trouver un en ville, ce ne sera pas du luxe. ![]() Zaporizhia ![]() Amicalement. Alain _________________________________________________ © 2006 "Carnets de route - Alain REMY" Tous droits réservés. Dimanche, 20 août 2006Hasard et retrouvaillesChers amis, Quittant Mariupol, je roule en direction de Melitopol. Je vois, sur le carnet où je note mon parcours, distances, temps, moyennes, qu'à l'aller, j'avais dormi à Tchervone Pole. C'est un petit village même pas sur la carte, donc pas d'hôtel. J'avais dû soit planter la tente, soit dormir chez l'habitant. Je me souviens qu'à Berdiansk, à 40 km de là, j'avais été interviewé par la télé, avec une prof d'anglais pour interprète, et qu'il pleuvait. Il avait plu jusqu'au soir et j'avais dormi chez Alexandre, grand amateur de vodka. Ce doit être là. D'après mon carnet, je n'en suis qu'à quelques km. Arrivant au village, je m'arrête dans une station-service pour voir s'il n'y a pas un café. Un homme vient me serrer la main ; il s'appelle Paul et vient faire le plein avec son side-car. Je lui dis que je m'appelle Alain et que je suis Français. Il fait un signe à son copain resté sur le side. Lorsque celui-ci s'approche, torse nu et en short, je le reconnais aussitôt comme il me reconnaît. Je lui fais : " Alexandre" . Il me dit que j'avais dormi chez lui, qu'il pleuvait et qu'il était saoûl ! Il m'invite à nouveau pour la nuit. Rien n'a changé : sa maison, intérieur et extérieur, est toujours aussi en désordre ! Nous mangeons dehors, Paul, Alexandre et moi. La nuit vient de tomber. Paul me dit qu'avant, l'URSS, c'était bien, mais qu'elle a été coupée en morceaux (et il joint le geste à la parole) et que maintenant c'est mal, que l'argent est roi, qu'on ne peut rien faire sans argent et que, comme il n'en a pas, il reste à la maison. Il m'invite à la pêche en mer le lendemain mais je décline l'invitation car j'ai encore de la route à faire. Je dors dans le même lit que l'an dernier, après avoir secoué les draps pour évacuer des débris de graines ! ![]() Souvenirs : Tania et Vova (en avril 2005) Le lendemain soir, j'arrive à Primorsk et je me rends chez Tania et Vova, ce couple si sympathique (mes préférés de tout le voyage) qui m'avait invité l'an dernier. Après le dîner, nous allons à la mer. Nous rencontrons quelqu'uns de leurs amis. Je me baigne, de nuit, pour la 1ère fois depuis le début du voyage. Cela faisait 6 mois que je n'avais vu la mer (Golfe du Tonkin, au Vietnam). L'eau est très bonne ! Nous faisons des photos et allons dans le magasin de souvenirs (objets en coquillages) de Tania avant de revenir à la maison et regarder une chaîne en français. Le matin, je prends congé à regret. A Melitopol, je dors dans le même hôtel que l'an passé ; la chaleur est étouffante... et uniquement de l'eau froide pour la douche ! A midi, en sortant du resto, je m'aperçois qu'il est situé juste à côté... du cybercafé d'où je vous écris ! Il est 15 h 00, il fait très chaud, je vais reprendre la route. Un pneu de la remorque a éclaté hier et celui qui l'a remplacé est fendu sur le côté. Je n'ai pas réussi à trouver un marchand de pneus. On verra bien. Amicalement. Alain _________________________________________________ © 2006 "Carnets de route - Alain REMY" Tous droits réservés. |